KANDAHAR : 3, 4 & 5-02-2012
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LA COURSE, LA PISTE

La Piste "La Verte des Houches" n'a de " Verte " que le nom.

Piste légendaire dans le massif du Mont-Blanc, elle est bordée de sapin. Son environnement vert et l'orientation du soleil offrent souvent une piste gelée, aux couleurs vertes, d'où son nom.
Elle est en fait une noire de 870 m de dénivelé et 3343 mètres de longueur.
Les meilleurs skieurs du monde la dévalent en deux minutes. Une série de passages très techniques et de sauts, dont la Cassure et le Goulet, font de cette descente l'une des plus belles du monde. C'est la seule piste de descente du circuit Coupe du Monde Messieurs homologuée par la FIS dans le département. En France, seules les stations de Val d'Isère et Chamonix-Les Houches possèdent une piste de descente, hommes, pour les Coupes du Monde de ski alpin.

- Altitude du départ : 1871 m
- Altitude de l'arrivée : 1001 m
- Dénivelé : 870 m
- Longueur : 3343 m


Téléchargez l'affiche officielle de la piste : Format JPG

Comme un monument « La Verte » se visite avec un guide.


La piste Verte fait partie du patrimoine de la vallée. C'est donc tout naturellement qu'elle se visite, durant la saison d'hiver. Skis aux pieds ! Et avec l'un des plus grands spécialistes de cette piste.
Chaque jeudi après-midi, Marc Battendier devient guide du patrimoine. Une visite de 2 heures qu'il assure pour les petits et grands. Il sera encore une fois cette année Chef de piste de la descente. Moniteur de ski, ancien membre des équipes de France et chef de piste du Kandahar, Marc, qui a participé à la descente de 1972, la connaît par cœur. Il explique comment appréhender les dangers et les techniques de chaque bosse, de chaque virage, de chaque reprise de vitesse.
Il raconte aussi les anecdotes qui jalonnent l'histoire de cette piste.
C'est pour tous, petits et grands, une opportunité unique de comprendre les passages clefs de cette fameuse descente, épreuve reine de la coupe du monde de ski alpin. Une visite guidée bien originale ! Aujourd'hui « la Verte » fait réellement partie du patrimoine de la station des Houches et de la Vallée de Chamonix Mont-Blanc.
Ouverte à tous, durant tout l'hiver (sauf la semaine du Kandahar !), les inscriptions se font la veille auprès de l'Office de tourisme des Houches au tarif de 12 euros par personne. (Forfait de ski non compris). Niveau de ski nécessaire : cours 3 ESF.

Un village VIP au coeur de l'exploit

De nouveaux espaces sont mis en place pour améliorer l'accueil du public, des partenaires, des sportifs, des personnalités et de la presse. Pour vivre la course en directe, des plates-formes situées aux points stratégiques de la descente, des loges sous tentes et une tribune d'honneur seront confortablement installées.

Préparation de la piste : un travail de titan

Une piste de Coupe du monde de descente se mérite.
Aujourd’hui, seulement deux pistes de descente masculine en France sont homologuées FIS (Fédération internationale de ski), la Oreiller Killy à Val d’Isère et la Verte des Houches. En effet, le cahier des charges est particulièrement important. La préparation de ces pistes répond principalement à des critères de sécurité, mais aussi à la nécessité d’une organisation sans faille. À Chamonix, l’épreuve est devenue annuelle depuis 2003. De grosses améliorations ont permis ce rendez-vous (enneigement artificiel, construction du télésiège « Coupe du monde ») et rendent le travail de mise en place plus facile. Pourtant, chaque année, des améliorations et de nombreuses vérifications sont réalisées par l’équipe technique du Club des sports de Chamonix. Un travail minutieux et très important qui demande plusieurs mois de préparation et une équipe rodée.

Fred Comte, directeur du Club des sports, est à la tête de l’équipe technique. Cette équipe est composée de cinq personnes ayant chacune un rôle bien défini. Seb Gros est responsable du transport et du matériel, Pierre-Yves Couttet, de l’aire d’arrivée, Tony Angiboust, des filets A, Stéphane Ruby, des lignes de chronométrage. Damien Freitag, « le plus jeune », est l’électron libre, celui qui est partout…

À partir de début septembre, la machine se met en route. Il s’agit de vérifier toutes les installations et plus particulièrement les 45 potences et les câbles qui servent à accrocher 1,5 kilomètre de filets A, filets dits de haute sécurité. Ces derniers sont posés dès le mois d’octobre. Ainsi, la tension des câbles, les ancrages au sol, tout le système de pose de filets sur les potences, qui mesurent de 9 à 12 mètres, sont passés en revue. En même temps, les alentours de la piste sont nettoyés et débroussaillés. Enfin, la pelle mécanique permet de refaire les tranchées pour les passages abritant les câbles TV et les connexions utiles pour le chronomètre. En effet, l’une des particularités de la piste Verte des Houches est le terrain, sans cesse en mouvement. Le gel et le dégel, les sources environnantes et la qualité même du terrain augmentent les difficultés naturelles. Ici, tous les ans, il faut retravailler sur certaines zones.
« Chaque année, le terrain, et par conséquent les tranchées, bougent. Il faut tout vérifier et réparer si besoin. Cette année, nous avons refait 70 mètres sous le goulet réalisé il y a trois ans. Trente kilomètres de câbles TV ont ainsi été refaits à neuf ! » témoigne Fred COMTE.
En octobre, le travail de vérification continue avec une grosse partie dédiée au chronométrage. Stéphane Ruby vérifie l’intégralité de la ligne qui suit celle des canons à neige. Toutes les connexions abritées dans les tubes de janolène sont contrôlées et changées si besoin. En 2008, plus de 2 600 connexions de fils ont été modifiées.
Les boîtiers pour les calculs des temps intermédiaires passent eux aussi en maintenance. Aujourd’hui, avec l’ajout d’un nouveau boîtier placé cet automne, quatorze boîtiers sont disponibles pour bénéficier de quatorze temps intermédiaires, soit un temps tous les 300 mètres environ. Ensuite, les télévisions n’ont plus que l’embarras du choix. Au même moment, les filets A sont montés. Héliportés, les filets de 4 mètres de haut et 200 kilos pièce sont mis en place par l’équipe aidée par quatre moniteurs. Posés avant les premières chutes de neige, la piste devient un véritable chantier de travaux acrobatiques. Travail d’habillage et de déshabillage, il faut là aussi changer les filets qui ne sont plus aux normes, soit un tiers environ chaque année.

Fin novembre, la neige peut enfin arriver !
C’est le temps des dernières retouches : derniers tests pour le chronométrage avec des essais du haut en bas de la piste, essais des canons à neige. Enfin, les aménagements extérieurs peuvent commencer. Pour les spectateurs, montage de la tribune VIP du passage du Goulet (140 m2 de plancher et 15 tonnes de matériel) et aménagement autour de la piste pour les accès publics. La cabane de chronométrage Grosset Janin, définitivement en place depuis plusieurs années, connaît elle aussi les dernières retouches. Tout le matériel, perceuse thermique, machines diverses, est contrôlé.
Dès la mi-décembre, tout est prêt pour la dernière ligne droite. Notre équipe technique est alors renforcée par une deuxième équipe composée des deux chefs de piste et de leurs compagnons, soit dix personnes en tout. Durant environ six semaines et jusqu’au jour J, ces hommes auront à charge de mettre aux normes une piste parfaite, belle, lisse, froide et sécurisée.

La sécurité  de la piste : une priorité

Marc Battendier est chef de piste de la descente du Kandahar depuis 1978. Ancien descendeur et moniteur de ski que vous pourrez rencontrer dans son magasin au pied de la nouvelle télécabine du Prarion-Houches, il est chargé de livrer à la Fédération internationale de ski (FIS) une piste en parfait état de sécurité et d’utilisation. Aidé par Manu Yout, chef de piste Slalom, il est entouré d’une équipe de sept personnes qui, cinq semaines avant l’épreuve, est chaque jour sur le terrain. Michel Tavernier, Nicolas Fagou, Michel Feliza, Olivier Troubat, Claudy Ravanel, Bernard Ravanel et Jean-Claude Gaidet sont devenus au fil des ans des habitués de la préparation finale du Kandahar : on ne change pas une équipe qui gagne !
Le travail de Marc commence dès l’été par une première visite de la piste qui permet de voir les changements de terrain et les éventuels travaux d’automne à effectuer. Ensuite, le rapport de sécurité de la FIS, qui fait suite à la dernière saison, donne les ultimes recommandations. Sur le terrain, vérification des filets A et pose des 18 kilomètres de filets B de la marque SPM répondant aux normes de sécurités imposées par la Fédération Internationale de Ski. Les filets B (loués chaque année chez SPM) sont posés tout le long de la piste, des deux côtés. Ils doivent retenir le coureur en cas de chute. La pose des matelas est prévue trois semaines avant le premier entraînement. Quarante matelas de haute résistance ou gonflables sont ainsi transportés et posés sur les lieux potentiellement à risque. Puis les abords de la piste et les accès pour le public sont délimités très rigoureusement afin de rendre compatible le spectacle et la sécurité des coureurs. Les filets C permettent de garantir cette sécurité. Enfin, le lissage de la piste, son entretien, la dureté de la neige et la pose des trajectoires bleues pour une meilleure visibilité de course incombent aussi au chef de piste.
Durant la course, l’équipe technique, alors largement renforcée, gère la réimplantation « rapide » des filets en cas de chute, ainsi que la sécurité le long de la piste. Un travail difficile au vu des contraintes de la course et des télévisions : pour eux tous, et pour Marc en particulier, cela veut dire des nuits blanches en perspective… Car les conditions météo peuvent tout modifier ! Si la neige tombe abondamment durant les semaines précédentes, il faut remettre les filets, les matelas, etc. Si elle tombe durant la semaine de course, c’est toute la piste qu’il faut rendre parfaitement lisse… Et là, comme en 2002, nous lançons un appel général à plus de 200 bénévoles qui travailleront la nuit durant. C’est ici que l’expérience de Marc Battendier prend toute son importance.

Est-ce que l’expérience des années passées vous aide à mieux gérer ?
« Nous sommes maintenant bien rodés et la piste est de mieux en mieux préparée. Une épreuve annuelle est un plus pour nous aussi. C’est plus facile. Le rigoureux cahier des charges de la FIS et les améliorations de la piste permettent une meilleure prise en compte de la sécurité et c’est donc plus simple à gérer.
Mais, selon les conditions météo, tout peut devenir plus compliqué. La veille de l’épreuve, je ne dors pas très bien. Et le stress durant la course est total pour nous tous. Nous avons de lourdes responsabilités jusqu’à la fin. Mais le superbe spectacle et la réussite d’une telle épreuve en valent bien la peine ! ».

 

Encore des améliorations.

Soucieuse de se perfectionner, l'équipe organisatrice avait réalisé de nombreux aménagements: travaux de piste, nouveau télésiège « coupe du monde », neige artificielle en totalité, aire d'arrivée remodelée. Les derniers travaux sur les nouvelles plates-formes surélevées de l'aire d'arrivée se sont terminés fin juin 2004. Un meilleur confort et un panorama encore plus grandiose s'offriront au public. Ces aménagements vont ainsi permettre un accueil de qualité auprès des invités, des partenaires et de toutes les personnalités du monde alpin, à proximité de la foule d'admirateurs. Ambiance garantie ! Depuis 2002, la Verte des Houches a énormément évoluée. Laissez-nous vous présenter ces aménagements qui font la fierté de toute une vallée.

Des investissements pour un évènement majeur.

Afin de répondre au cahier des charges de la Fédération internationale de ski, l'organisation a mis en ouvre dès mi-août 2002 des travaux de grande envergure.

Une nouvelle piste

Les premiers valeureux descendeurs à avoir défié la Verte au siècle dernier auraient sans doute un peu de mal à la reconnaître. Depuis l'édition du Kandahar en janvier 2000 et la victoire de l'Autrichien Hermann Maier en deux minutes, la piste de descente a été modifiée pour la plus grande - et indispensable - sécurité des coureurs.

En effet, l'engagement physique et la technicité de la discipline nécessitent une adaptation constante des règles de sécurité. A la suite de nombreux accidents, la FIS a imposé le renfort de tous les filets.

Ainsi, au niveau de la "bosse Ericksen" et du "Schuss Battendier", des "filets A" (4 mètres de hauteur) ont été rajoutés et doublés. Ces filets sont posés dès l'automne.
20 kilomètres de "filets B" seront également aménagés le long de la descente,sur des cannes plastiques. Deux à trois rangées seront disposées dès les premières chutes.
Tout le long du parcours, de haut en bas et sur plusieurs rangées, les filets servent de protection indispensable et nécessaire pour la sécurité des coureurs et du public.
La progression des athlètes et l'évolution du matériel ont amené le traceur officiel de la FIS, Helmut Schmalz, à moderniser le tracé.
Il dispose désormais de zones de dégagement plus grandes et d'une nouvelle courbe obtenue par terrassement au niveau de la "bosse de la Rupe".